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Perpignan
Politique – Economie
A un mois des élections municipales, Romain Grau, bras droit économique de Jean Codognès a bien voulu tracer les grandes lignes de leur projet économique pour la ville de Perpignan en égratignant au passage les politiques menées par Jean-Paul Alduy.
« Jean-Paul Alduy a une vision Bisounours du développement économique »

Comment jugez-vous la politique économique menée par l’équipe sortante ?
Pas terrible vous l’imaginez. Elle a toujours fait passer l’économique à l’arrière plan et cela ne date pas d’hier. Depuis 1959 et la prise en main de la famille Alduy, la ville est sous la chape de plomb du clientélisme. Avant leur arrivée, Perpignan était une des villes les plus prospères du bassin méditerranéen, on hésitait même à en faire la capitale de la région. Aujourd’hui le constat est accablant, la ville est endettée et le revenu moyen des habitants de la commune est deux fois moins important qu’ailleurs. Dans n’importe quelle entreprise au bilan aussi médiocre, on aurait mis les dirigeants à la porte, là, se seront aux citoyens de sanctionner leur incompétence.
Vous parlez de clientélisme, avez-vous des exemples précis ?
Prenons le cas du quartier Saint-Jacques. Avant l’arrivée de la famille Alduy, la communauté gitane était prospère et reconnue comme une identité catalane à part entière. Aujourd’hui, avec leur politique clientéliste et au coup par coup, le quartier et ses habitants se sont paupérisés, le tissu commercial est inexistant, cela a été une des conséquences des émeutes de 2005. Il est sûr, il vaut mieux des commerces que des régiments de CRS.
Quels sont les autres griefs que vous avez à l’encontre de la politique du maire ?
Il y a le problème de la dette de la ville. Elle est colossale, plus de deux fois supérieure à la moyenne nationale. Cette dette, elle est devant nous puisque nous devrons la rembourser dans les deux, trois ans à venir. La réponse du maire, c’est de construire un théâtre qui rajoutera plus de 40 millions d’euros de dette. Nous ne sommes pas contre le développement culturel, mais là, nous disons que ce n’est pas le moment. Cette politique aveugle, conduira obligatoirement à une augmentation des impôts dans les années à venir.
Mais pour sortir Perpignan du sous-développement, il faut bien de l’investissement ?
Oui, l’emprunt en soi n’est pas une mauvaise chose. Aujourd’hui, l’équipe sortante investit dans une Ferrari au lieu d’investir dans un tracteur. Je m’explique. On choisit de miser sur le paraître sans se soucier des retombées pour la vie quotidienne des perpignanais. L’exemple de Montpellier est flagrant, Georges Frêche a d’abord fait venir les entreprises comme IBM, il a investit massivement dans la création de richesse et alors là ensuite, il a pu mettre en valeur sa ville d’un point de vue esthétique et culturel. Jean-Paul Alduy a sauté une étape. Il a une vision trop idyllique du développement économique, c’est le monde des bisounours.
Parlons de votre projet économique, comment s’articule-t-il ?
Autour de trois axes. Le premier porte sur un investissement important dans la recherche, c'est-à-dire faire le croisement des savoirs universitaires et de l’entreprise. A cet effet, nous proposons un investissement de 100 millions d’euros pour l’université avant qu’elle ne soit dans un futur proche une antenne de Montpellier. On misera sur l’économie de la connaissance et on agira concrètement sur l’outil de production. Nous n’avons plus d’excuses pour ne pas mettre en marche cette approche, toutes les villes autour de nous l’ont fait, c’est le cas de Montpellier, Barcelone et Gérone. Ensuite, nous voulons miser sur le commerce de proximité car c’est un des facteurs de création de richesse et de convivialité. Pour cela, nous devons entamer un processus de piétonisation au cœur de la ville et dans certains quartiers. Toutes les villes de France y viennent, pourquoi pas nous ? Enfin, nous devons développer les transports dans leur diversité, une gare TGV, c’est très bien mais on ne peut pas se limiter à ça, il faut un aéroport qui puisse tenir la baraque. Nous proposons de réunir tous les acteurs autour de la table au lieu de s’invectiver par presse interposée et investir 100 millions d’euros pour qu’il redevienne ce qu’il était il y a pas si longtemps. Il y a cinq ans, la ville de Gérone avait 200 000 passagers par an, aujourd’hui elle est à 5 millions alors que celui de Perpignan continu son déclin, il est passé en cinq ans de 500 000 à 150 000 passagers par an.
Le projet économique est ambitieux, mais avez-vous des marges de manœuvre ?
Nous restons optimistes. Nous proposons une thérapie de choc. Concernant les marges de manœuvre, Jean-Paul Alduy en trouvent bien dans sa folie des grandeurs. Nous mettrons fin à ces erreurs pour dégager des solutions budgétaires. Investir dés la première année de notre mandat sur les trois points que j’ai explicité et ensuite se concentrer sur la baisse de la dette de la ville. Il n’y a pas de fatalité du sous-développement, regarder l’exemple de nos frères catalans. Nous restons avec Jean Codognès les seuls à mettre notre compétence au service de Perpignan contrairement aux deux autres principales listes qui ont conclues un pacte tacite pour que chacun conservent son pré-carré. Ils ne servent pas leur ville et ses habitants.
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