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Perpignan
Politique
Le budget 2008 lance la campagne
La campagne électorale est lancée. C’est en tout cas dans ce contexte que s’est tenu le dernier conseil municipal avant son renouvellement en mars prochain à l’occasion des élections municipales. Le débat d’orientation budgétaire 2008 a permis à la majorité et à l’opposition de marquer leurs divergences sur la gestion financière de la ville de Perpignan. Le document présenté par Jean-Marc Pujol, 1er adjoint délégué aux finances retrace la stratégie globale budgétaire de la ville depuis le dernier mandat et des pistes d’analyses sur les investissements à venir. Voici points par points, les grandes lignes du débat d’orientation budgétaire que l’on peut résumer ainsi : Perpignan a fait le choix d’un investissement fort et d’une fiscalité basse. Cette équation est difficile à réaliser, décryptages.
Quelles sont les priorités dans l’investissement pour 2008 pour l’actuelle majorité ?
Il concerne trois grands chantiers de la ville, l’investissement dans le pôle d’échange autour de la future gare TGV et qui sera opérationnelle en 2009. La poursuite de l’investissement des équipements de proximité comme les écoles et le programme de rénovation urbaine. Enfin, il portera sur le démarrage des travaux du théâtre de l’Archipel. Le coût de l’investissement devrait être équivalent à 2007, soit près de 130 millions d’euros sur Perpignan par la ville avec l’aide de la communauté d’agglomération.
Comment évoluent les recettes de la ville ?
Elles sont en nette augmentation. En 2008, l’assiette fiscale devrait progresser vu les chantiers qui ont été achevés en 2007. Par ailleurs, le nombre de logements vacants diminue régulièrement alors que le parc augmente dans le même temps. Les chantiers en cours et les permis de construire déposés devraient assurer à la ville une progression fiscale régulière pour les 3 ans à venir. De plus, la ville connait une progression démographique pour atteindre 120 000 habitants en 2008. Pour le maire, « c’est le signe que Perpignan est redevenue très attractive ».
Pour simplifier les chiffres et le raisonnement sur l’évolution des recettes, on peut dire que plus la ville voit sa population augmentée, plus elle a de recettes en terme de taxe d’habitation, taxe foncière et droit de mutation et de dotation de l’Etat, proportionnelle à la taille humaine de la ville. Mais elle voit aussi certains coûts augmenter comme le traitement des déchets ou les dépenses en eaux.
Comment la fiscalité a évolué au cours du mandat de Jean-Paul Alduy ?
2008 sera la sixième année de blocage de la fiscalité communale plaçant la ville au deuxième rang dont le taux communal de taxe d’habitation est le moins élevé, première ville de la région en ce qui concerne les taux communaux du foncier bâti et de l’enlèvement des ordures ménagères les moins élevés. Pour Jean-Marc Pujol, « c’est le respect du contribuable et des engagements pris. Nous n’avons pas attendu cette année pour comprendre qu’il y a un problème en France de pouvoir d’achat. Cela démontre aussi que l’on peut investir, massivement, sans augmenter les impôts à partir du moment où l’investissement réalisé est générateur de recette fiscale ». L’exemple de la réhabilitation des Dames de France est significative, puisque 200 000 euros de recette fiscale sont générées chaque année par la ville.
Assisterons-nous à une augmentation en 2008 ?
Se sera une des questions de la campagne électorale. Pour Jean-Paul Alduy, il pense poursuivre sur sa lancée si il est réélu en mars prochain, « Notre passé sera le meilleur garant de notre avenir ».
Comment évolue la dette de la ville ?
Si elle est en légère baisse, elle reste assez importante, soit 2000 euros par habitants, une des plus importantes des villes de France. L’annuité de cette dette baisse en euro constant de 30%, soit 18,62 millions d’euros en 2007.
Comment évolue l’autofinancement ?
En 2008, il devrait « atteindre un niveau record ». En 2007, il atteignait 23,5 millions d’euros. Il est du selon la majorité municipale par « la renégociation des contrats, la mise en concurrence régulière des prestataires, la mutation de l’administration pour la rendre plus proche du citoyen et mieux adaptés aux besoins et techniques actuelles. Ce travail constant contribue depuis des années à la maîtrise des dépenses de fonctionnement qui évolue moins vite que nos recettes ». De ce fait, l’emprunt sera en diminution.
Dans quel contexte économique s’inscrit cette démarche budgétaire ?
Pour Jean-Paul Alduy, « il risque d’être moins favorable que celui que nous avons connu récemment, notamment par l’évolution des indicateurs économiques comme la progression des taux d’intérêt, l’augmentation des coûts de construction et du prix du carburant, enfin, le gouvernement a présenté un nouveau contrat de stabilité et nous oblige à une grande discipline dans l’évolution globale des dépenses. La construction de notre budget en 2008 devra tenir compte de ces éléments, nos efforts sur les dépenses dont nous avons la maîtrise et sur l’optimisation des ressources devront se poursuivre pour en atténuer l’impact sur les comptes et conserver ainsi toute notre capacité à investir ».
Qu’en pense l’opposition ?
Campagne oblige, les membres de l’opposition n’ont guère été élogieux avec la présentation de Jean-Marc Pujol. Pouvait-il en être autrement. A l’occasion du dernier conseil municipal, touts les membres de l’opposition ont pu s’exprimer sur le dossier et marquer « leurs réserves » sur la stratégie financière de l’actuelle majorité. Cible privilégiée de l’opposition, la « dette record » de la ville et des « investissements risqués qui frôle l’imprévoyance ». Pour Martine Ruiz, conseillère socialiste, « la Chambre régionale des comptes a démontré que l’autofinancement était loin d’être suffisant à la vue de l’endettement de la ville et surtout de l’investissement trop lourds qui seront à la charge des générations futures. Les revenus moyens des habitants restent très bas et les investissements ne servent pas l’amélioration de la vie des perpignanais. Ils n’ont pas réussi à atteindre les résultats tant escomptés ». Selon Katia Mingo, élue vert, « la ville reste pauvre et profondément endettée. Alors que Jean-Paul Alduy a largement soutenu le président Sarkozy, la ville est toujours aussi mal lotie au niveau des aides de l’Etat. Il est temps que Perpignan, à l’occasion des élections municipales sanctionnent ces gestionnaires imprévoyants ». Colette Tignères, élue communiste et qui fêtait son dernier conseil municipal remarquait des erreurs dans le dossier présenté, notamment « une inflation qui se situe plus à 3%. On aurait pu se passer de ce débat, de toute manière, se sera aux citoyens de choisir leur projet pour la ville ».
Les conclusions de Jean-Paul Alduy
« La ville de Perpignan s’embellit. Elle bouge, elle change. Malgré la défaillance de certains partenaires, qui devraient être à nos côtés, jamais l’investissement n’a atteint un tel niveau à Perpignan : 600 millions investit en dix ans. C’est le résultat d’une gestion maîtrisée que nous poursuivons. Investir, développer les services publics de proximité, dynamisation des partenariats, bloquer la fiscalité, telles sont les orientations appliquées de façon constante et que nous poursuivrons pour faire de Perpignan une « petite » grande ville européenne, moderne et fière de son identité. Ce résultat est celui de l’effort de tous, entreprises, associations, citoyens et tout particulièrement de l’efficacité, du dévouement et de la cohésion de l’administration municipale ».
Nous vous l’avions dit, la campagne est lancée….
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