Perpignan Economie : entretien avec Matthieu Glasson, directeur France du marketing et de ventes de Ryanair.

« Pour les anglais, le pays catalan reste un paradis sur terre »
Inauguré le 1er juin 2000, la ligne Ryanair Perpignan/Londres a fêté la semaine dernière son 900 000e passager. Une occasion de faire avec le directeur des ventes de la compagnie low-cost (à bas coût) un bilan de leur présence sur l’aéroport de Perpignan et des projets en cours de développement.
L’hebdo Catalan : Avec 900 000 passagers en sept ans, quel bilan tirez-vous de votre présence sur l’aéroport de Perpignan ?
Matthieu Glasson : C’est un bilan évidemment très positif. Nous étions parti avec l’ambition au départ de faire un vol quotidien et de transporter environ 100 000 passagers par an. Aujourd’hui, l’objectif est plus qu’atteint puisque nous réalisons dix rotations par semaine durant les périodes estivales et nous avons instauré une excellente relation de confiance avec la CCI, qui porte à bout de bras le projet initial.
Quelles sont les raisons de cette réussite ?
Elle tient avant tout à l’attractivité du département. Que se soient les stations de ski, le littoral mais aussi la découverte de l’arrière pays Catalan et la proximité avec l’Espagne. Il est tout à fait possible de faire du ski le matin, de passer sa journée sur les plages et le soir de découvrir l’art culinaire du pays catalan. Pour les anglais, c’est un paradis sur terre avec le beau temps toute l’année et une qualité de vie très reconnue de l’autre côté de la manche. Ce n’est pas un hasard si beaucoup d’entre eux viennent s’installer dans le département, avec les vols à bas-coût et Internet, il est très facile de concilier la vie dans les deux pays.
Mais il y a aussi des français qui bénéficient de la ligne ?
Oui et même si aujourd’hui 84% de nos passagers viennent d’Angleterre pour 16% de français. La proximité de notre aéroport de Londres, accessible en moins de 45 minutes du centre de la city rend le voyage très plaisant. Mais, c’est vrai, nous avons à travailler pour que plus de français profitent de cette ligne pour se rendre en Angleterre.
Quelles sont les raisons à votre avis de ce déséquilibre ?
Sans porter de jugement de valeur, je pense que l’Office de Tourisme et la CDT ne communiquent pas assez sur le marché anglais. C’est peut être un problème de budget. C’est dommage quand on connaît le potentiel pour les vacanciers mais aussi pour l’attractivité que représente le marché anglais. De l’autre côté, il y a aussi un travail à faire afin que les anglais apprennent à connaître la beauté de la région du Roussillon. On ne peut pas uniquement miser sur la beauté du territoire qui irait de soi, il y a aussi une réelle concurrence. Vous savez, du soleil, vous en avez également en Espagne et au Maroc. Il faut que les décideurs locaux communiquent plus en Angleterre sur les spécificités du département des Pyrénées-orientales
On parle de l’arrivée d’une deuxième ligne sur Perpignan, que pouvez-vous nous en dire ?
Oui, Ryanair ouvrira une deuxième ligne pour Perpignan en 2008. Pour le moment, nous ne pouvons pas donner plus de détails puisqu’elle est toujours en étude. C’est un grand challenge et nous avons besoin d’étudier le marché afin de rendre cette ligne la plus séduisante possible pour nos clients. Ce qu’on peut dire c’est qu’elle ne sera pas forcément en direction de l’Angleterre.
Créer en 1985, que représente aujourd’hui votre compagnie low-cost ?
Ryanair, première compagnie d’Europe pour ses tarifs est présente dans 26 pays avec 136 avions, 23 bases, 141 aéroports et 563 lignes dans toute l’Europe. Nous employons près de 4500 personnes. A ce jour, nous comptons 55 millions de passagers et nous avons l’ambition d’atteindre le chiffre de 84 millions pour 2012. Propos recueillis par Julien Marion
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