Perpignan Sécurité
Les chiens, victimes du délit de sale gueule !  Sale temps pour les molosses. Le projet de loi relatif aux chiens dits « dangereux » continu d’enrager les associations de protection animale. Depuis plusieurs mois, la SPA de Perpignan met en garde les pouvoirs publics sur les effets pervers que pourraient avoir la loi si elle était appliquée sur le terrain. Le contexte ambiant est certes peu propice à l’immobilisme. Depuis le début de l’année, la préfecture des Pyrénées-Orientales relève 125 infractions pour notre seul département et des faits divers dramatiques ont rythmé l’actualité depuis plusieurs mois. Le gouvernement mais aussi les maires, en première ligne sur le dossier, ont du réagir et réfléchir aux actions à mettre en œuvre. Pour le président de la SPA de Perpignan, Alain Fabresse, « tout ceci n’inspire pas le dialogue mais plutôt la stigmatisation de certaines catégories de chiens. Ce texte nous inquiète par ses conséquences et l’arbitraire qui peuvent en découler ». Il ne décolère pas contre une loi qui ne s’attaque pas assez aux racines du problème. « On ne répond qu’aux causes visibles, on a élaboré cette loi sans véritable concertation en répondant à chaud à l’actualité ». Il regrette surtout l’absence de réponses apportées à deux phénomènes, selon lui responsable de la multiplication des accidents. En premier lieu, celui de l’élevage. « La loi n’éclaircit pas la situation. Le trafic de chien est devenu le deuxième marché noir devant la drogue, il est très rentable. On avait l’occasion de rédiger une loi d’ensemble sur le contrôle des filières de productions de chien en France et sur l’interdiction des importations en provenance de pays tiers. Vendre des animaux doit rester un métier de professionnel ». L’autre phénomène nouveau tient à la psychose générale qui touche les molosses, notamment de leurs propriétaires. « On se retrouve dans des cas ubuesques où beaucoup de personnes nous abandonnent leur chien par prévention, le plus souvent sans aucunes raisons apparentes ». Point d’orgue à cette nouvelle tendance discriminatoire, les adoptions sont en fortes baisses, rendant de ce fait la situation matérielle des refuges de plus en plus difficile. « C’est un gâchis énorme, néanmoins, tout n’est pas à jeter dans la loi. Le fait que chaque acquéreur de ce type de chien doivent passer un stage d’éducation canine part dans le bon sens, mais là aussi, la loi ne va pas assez loin, nous aimerions que cette règle s’applique à tous les types de chien ». Julien Marion Légende photo Le Rottweiler, première cible de la loi de sécurité intérieure.
|