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Gare TGV de Perpignan

L’arrivée du TGV qui reliera Barcelone à Perpignan en moins de 55 minutes est le prétexte pour la transformation urbaine et architecturale du quartier de la Gare. La mise en service de la ligne à grande vitesse le 17 février 2009 prochain va mettre en liaison en vingt minutes près d’un million habitants autour d’un espace transfrontalier compris entre Narbonne et la ville de Gérone, actuellement en pleine expansion démographique et économique. Pour Jean-Paul Alduy, la liaison de « Narbonne à Gérone en passant par Perpignan et Figueras est une grande opportunité pour l’avenir économique de notre région. On prépare le futur et qui sait, cette ligne pourrait servir à regrouper près de 10 millions d’habitants avec Toulouse, Montpellier et Barcelone et qui placerait Perpignan au centre de ce nouvel espace, c’est la modernité à laquelle aspire la ville et ses élus ».
A Perpignan, on pari sur l’avenir et la constitution d’une grande agglomération, qui espère compter dans le paysage économique dans un futur proche. La capitale départementale pourrait en être le centre géographique et « la ville pont » entre la France et l’Espagne. Pour cela, de nombreux aménagements vont voir le jour dans les prochains mois changeant ainsi les quartiers de Saint-Assiscle et de la Gare pour un total de 35 hectares de transformation urbaine. Elle se veut la nouvelle porte d’entrée avec l’agglomération et le département. Pour Daniel Hamelin, architecte et urbaniste en chef du projet, « le quartier de Saint-Assiscle, trop longtemps laissé à l’abandon deviendra le quartier de la vitesse et de la modernité, nouvel place forte de l’agglomération de Perpignan ».
Nous vous invitons à un tour d’horizon des changements qui interviendront dans le secteur. Le projet urbain, voulu par le maire Jean-Paul Alduy prévoit la requalification de l’ensemble des espaces publics avec la réalisation de nouvelles désertes. La création d’un pôle d’échange multimodal, d’une extension de l’actuelle gare avec un nouveau Parvis et une nouvelle gare routière. L’arrivée de l’hôtel d’agglomération au cœur du projet, la transformation des jardins de la Basse et de la ZAC du Foulon, la construction de nouveaux logements et de nouveaux espaces économiques et commerciaux comme des hôtels, centre commercial, cité judiciaire, pôle universitaire et culturel (projet situé à 750 m du futur théâtre de l’Archipel). Enfin la mise en place de passages publics reliant et mettant en cohérence la ville. De nouvelles voiries ainsi qu’un circuit de raccordement à l’agglomération et au département accompagneront la finalisation du projet urbain.
« L’ensemble compte bien s’inscrire dans une optique de développement durable et de haute qualité environnementale » promet Jean-Paul Alduy.
Quartiers par quartiers, secteurs par secteurs, voici tout ce qu’il faut savoir sur le plus grand projet urbain et architectural qu’a connu la ville de Perpignan et qui sera estimé à 225 millions d’euros pour une transformation urbaine s’étendant sur 35 hectares.
Le Pôle d’Echange Multimodal

C’est le cœur du projet de la future gare TGV. Elément phare et central, il représentera un îlot urbain de 26 000 m2. Il se veut « respectueux » de l’échelle du quartier et sera aligné sur les voies ferrées. C’est ici que seront placées les gares TGV, TER et routière. On y découvrira également un dépose minute et les taxis. Mais ce n’est pas tout, on y discernera vite des bureaux (10 000 m2), des commerces sur deux niveaux (10 000 m2), deux hôtels, un parking sous-terrain de quatre niveaux (1000 places), un centre commercial portant l’enseigne Champion, des espaces de loisirs avec un complexe sportif qui de l’extérieur représentera un galet.
La nuit, le bâtiment deviendra un signal lumineux et sera accessible des deux côtés du quartier Saint-Assiscle et de la place de Catalogne par un passage public large de huit mètres de largueur et situé à moins de 750 mètres du futur Théâtre de l’Archipel. Cet ensemble prendra place de part et d'autre du boulevard Saint-Assiscle traité en artère lente à 2x2 voies dédiées aux bus et aux voitures.
Réalisé par l’entreprise barcelonaise Sacresa et l’architecte espagnol Jos Galan pour un coût total de 55 millions d’euros. Le Pôle devrait être terminé à l’arrivé de la ligne TGV, c'est-à-dire en février 2009.
Le Parvis de la Gare

Modernisé, il fera peau neuve et permettra un meilleur accès à la Gare et à la place de Catalogne. Longtemps décrié, il devrait faire la part belle aux piétons. Son aménagement permettra un accès direct au pôle d’échange et au quartier Saint-Assiscle.
Gare routière
Composée de 30 quais, elle est en cours de finition et sera mise en service au début des travaux du théâtre de l’Archipel puisque le théâtre sera construit sur l’ancienne gare routière, face à l’espace Méditerranée.
L’Hôtel d’Agglomération
Les travaux pour l’édification du futur Hôtel d’Agglomération ont commencé le 20 avril dernier et devraient se finir au printemps 2008 pour un coût total de 11,7 millions d’euros. Conçu par Dominique Perrault, architecte de la bibliothèque Nationale de France à Paris, le bâtiment sera constitué de cinq étages dont les baies vitrées réfléchiront la future gare TGV. Il est destiné à accueillir l’ensemble du personnel de l’Agglomération. Au total, 6300 m2 sur neuf niveaux avec deux sous-sols, un rez-de-chaussée, un rez de place et cinq étages. « L’édifice se veut ouvert au public et sur la cité ».
En arrivant sur un large passage commercial souterrain reliant le centre-ville au quartier Saint-Assiscle et sa nouvelle gare TGV, les piétons pourront aboutir à une placette située sur l’entrée secondaire de l’Hôtel. A travers les vitres transparences, on pourra apercevoir un amphithéâtre de 240 places destiné à accueillir les conseils d’agglomération mais aussi le public pour des réunions et des projections. « Une cafétéria, ainsi qu'une salle des maquettes, destinée à exposer des projets en cours, seront immédiatement accessibles passé le seuil de l'entrée ». Si au contraire le piéton grimpe les escaliers pour atteindre le niveau du boulevard et la gare TGV, il trouvera, face à elle, l'entrée principale, ouvrant sur un vaste hall d'accueil qui disposera d'espaces d'expositions et d'écrans multimédias. Outre l'information sur tous les projets en cours, les écrans afficheront en temps réel la production d'électricité du bâtiment.
« Le principal atout architectural du bâtiment reste sa qualité environnementale ». Il sera doté de panneaux photovoltaïques sur trois étages et sur la toiture. Le procédé consiste à transformer les radiations solaires en énergie électrique permettant ainsi de couvrir les dépenses énergétiques du bâtiment. Ils joueront ainsi le rôle de brise-soleil, « offrant à la fois protection à l’intérieur et visibilité à l’extérieur ». L’édifice sera aussi équipé d’un système d’éclairage à basse consommation rendant la puissance de l’éclairage en fonction de l’ensoleillement. Un système permettra aussi la récupération des eaux de pluie afin de l’utiliser pour les équipements sanitaires. « Limitant les besoins en chauffage et climatisation, grâce à ses panneaux vitrés et sérigraphiés, l'Hôtel d'Agglomération disposera enfin de matériaux de construction soigneusement choisis : bois d'acajou provenant de forêts cultivées, métaux recyclables ».
ZAC du Foulon
Situé en face du pôle d’échanges, cette zone fera la jonction entre le quartier Saint-Assiscle, la Gare et la place de Catalogne. On y trouvera 250 logements et 10 000 m2 de bureaux, « le nombre de bureaux sera ajustable en fonction de la demande, on navigue à vue afin de ne pas déstabiliser économiquement et socialement les quartiers existants ». La zone encadrera le nouvel Hôtel d’Agglomération et sera terminé courant 2008. Le coût s’élèvera à 5,9 millions d’euros.
Parc urbain de la Basse et ZAC des Jardins de la Basse
Ancienne friche industrielle et ferroviaire, elle se compose de 12 hectares et devrait accueillir entre 1000 à 1200 logements. La ville réalisera le long de la rivière un parc public de 4 hectares, établissant ainsi une liaison entre Saint-Assiscle et le centre-ville. Une cité judicaire, regroupant l’ensemble des services juridiques du département sur un unique et même lieu sera mise en service en 2012.
La conception des jardins s’établit à 11 millions d’euros (logements, voiries, botaniques) alors que la mairie réalisera elle-même le parc urbain pour une somme de 2 millions d’euros et conçu par le paysagiste Michel Desvignes. Les travaux débuteront en 2009 et devrait en toute vraisemblance se terminer deux ans plus tard. Le projet consiste aussi à implanter des antennes de l’Université de Perpignan, « l’objectif est dans un futur proche de faire venir de l’enseignement, soit de la matière grise, n’oublions pas que nous serons situer à 50 minutes de l’Université de Montpellier et celle de Barcelone ». Enfin, le secteur permettra la construction d’un éco quartier le long de la rivière.
Les passages publics

Le premier reliera la place de Catalogne au quartier Saint-Assiscle, jusqu’ici isolé par le faisceau de voies ferrées. La liaison sera assurée par un passage piéton de 8 mètres de largueur, construit sous le terre-plein ferroviaire. Au sud, aux niveaux des jardins de la Basse, on retrouvera le long de la rivière deux nouvelles passerelles exclusivement réservées aux piétons et aux cyclistes. « Elles permettront ainsi de faire le lien entre le village de Saint-Assiscle et le futur quartier ultra moderne de l’autre côté de la Basse sur les friches de la Stef ».
La circulation routière
L’objectif du projet urbain consiste à relier le quartier au réseau urbain et aux systèmes de transport. La ville a mis en chantier une voie d’accès depuis l’avenue de Toreilles alors que l’agglomération va transformer le boulevard Saint-Assiscle et son accès à la voie sur berges. Pour Daniel Hamelin, « notre volonté est de rendre le projet contraignant pour les automobilistes en favorisant les piétons et les cyclistes. L’accès à la gare sera évidemment possible aux véhicules mais nous voulons éviter les voitures qui se servent du lieu pour rejoindre d’autres quartiers de la ville et du département, à cet effet, le boulevard Saint-Assiscle va permettre une meilleure circulation vers les autres points de sortie ».
10 km de piste cyclable boucleront le quartier de la Gare et serviront de liaison avec les autres quartiers de la ville. « Un grand circuit cyclable est d’ailleurs prévu aux alentours de la gare. Pour finir de désenclaver le secteur, le passage à niveau en direction de l’avenue Julien Panchot disparaîtra également au profit d’un pont. Les automobilistes rejoindront donc l’ancienne route de Thuir en passant sous le TGV, évitant les sempiternels bouchons ».
Logements
En tout, 1700 nouveaux logements verront le jour, « la programmation se veut variée intégrant des opérations denses de type centre-ville et un éco-quartier branché sur le parc de la Basse ».
Les logements du secteur ne seront pas très hauts, on reste sur un développement harmonieux du paysage urbain et on se situera sur un dégradé croissant allant de 3 à 7 étages.
20% des nouveaux logements seront sociaux, en conformité avec le Plan Local d’Urbanisme et les lois françaises portant sur la mixité sociale.
Commerces
En tout, 20 000 m2 sortiront de terre, 10 000 m2 pour le pôle d’échanges et 10 000m2, évolutif en fonction de la demande sur les autres secteurs du projet.
Pour Daniel Hamelin, l’objectif du projet consiste aussi à « capter de l’activité. Pour le moment, beaucoup de ces commerces sont acquis par des commerçants de Perpignan, déjà installés sur d’autres quartiers de la ville et qui souhaitent se diversifier. Il n’y aura pas de délocalisation ». Le projet permet aussi près de 40 millions dans l’économie locale.
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